Quel est le meilleur jockey de plat

Quel est le meilleur jockey de plat ?

Le monde des courses hippiques est un univers de passion, de précision et de courage. Si le cheval est l’athlète central, l’homme ou la femme qui le dirige, le jockey, est le cerveau de l’opération. Déterminer qui est le meilleur jockey de plat au monde n’est pas une mince affaire, car ce titre dépend de nombreux critères : le nombre de victoires, le prestige des groupes 1 remportés, la longévité, ou encore la capacité à s’adapter à tous les hippodromes du globe.

Résumé de l’article

Cet article explore les figures légendaires et contemporaines du galop. Nous analysons les carrières de monstres sacrés comme Lester Piggott et Yves Saint-Martin, l’impact planétaire de Frankie Dettori, et la domination technique de Ryan Moore. Vous découvrirez également les records de Christophe Soumillon et l’ascension de nouveaux talents. Entre statistiques froides et émotions de tribune, nous définissons ce qui fait d’un cavalier une légende du turf.


Introduction : L’art subtil de la monte en plat

La course de plat (ou galop) est la discipline reine de l’élégance et de la vitesse pure. Contrairement à l’obstacle, où le saut ajoute une dimension de risque physique extrême, le plat se joue sur des micro-détails : le placement dans le peloton, le dosage de l’effort, et le moment précis de l’accélération finale.

Être le meilleur jockey de plat, c’est posséder une main de fer dans un gant de velours. C’est comprendre la psychologie d’un pur-sang de 500 kilos lancé à plus de 60 km/h, tout en respectant une discipline de vie monacale pour maintenir un poids de forme souvent inférieur à 52 kg.


1. Les Géants de l’Histoire : Le socle de la légende

Lester Piggott : Le « Long Fellow »

Lester Piggott

Pour beaucoup de puristes, le débat commence et s’achève avec Lester Piggott. Surnommé « The Long Fellow » en raison de sa taille inhabituelle pour un jockey (1m73), il a dominé les courses britanniques pendant près de cinq décennies.

  • Palmarès : 4 493 victoires, dont un record de 9 victoires dans le Derby d’Epsom.
  • Style : Une monte très haute, presque iconoclaste pour l’époque, et une froideur tactique qui intimidait ses adversaires.
  • Héritage : Piggott a prouvé que le talent pouvait surmonter les contraintes physiques. Sa victoire sur Nijinsky dans la Triple Couronne britannique en 1970 reste l’un des plus grands moments de l’histoire du sport.

Yves Saint-Martin : Le Roi de France

Yves Saint-Martin

En France, le nom qui revient systématiquement est celui d’Yves Saint-Martin. Avec 15 Cravaches d’Or, il a régné sans partage sur les hippodromes de Longchamp, Chantilly et Deauville. Sa relation fusionnelle avec des entraîneurs comme François Mathet a marqué l’âge d’or du galop français. Sa capacité à « sentir » le train de la course (le rythme) était légendaire.


2. Frankie Dettori : L’icône planétaire

Frankie Dettori

Si l’on juge le « meilleur » par l’aura et l’impact médiatique, alors Lanfranco « Frankie » Dettori est hors catégorie. L’Italien a transformé le métier de jockey en une performance de rockstar.

Le jour où il a « cassé » les bookmakers

Le 28 septembre 1996, à Ascot, Dettori a réalisé l’impossible : remporter les sept courses du programme. Ce « Magnificent Seven » a causé des pertes colossales aux parieurs professionnels et a propulsé Frankie au rang de célébrité mondiale.

Une longévité exceptionnelle

Ce qui impressionne chez Dettori, c’est sa capacité à rester au sommet après 50 ans. Ses six victoires dans le Prix de l’Arc de Triomphe, notamment avec la phénoménale pouliche Enable, témoignent d’une science de la course inégalée. Frankie ne se contente pas de monter ; il sublime ses chevaux. Son « Saut de l’ange » (dismount) à la descente du cheval est devenu le symbole de la victoire heureuse.


3. Ryan Moore : La perfection technologique

Ryan Moore

À l’opposé du flamboyant Dettori, on trouve Ryan Moore. Si vous demandez aux entraîneurs actuels qui ils souhaitent avoir en selle pour une finale de Groupe 1, le nom de Moore arrive souvent en tête.

Le jockey « Global »

Moore est le premier jockey véritablement mondialisé. Il gagne au Japon, à Hong Kong, aux États-Unis (Breeders’ Cup), en Australie (Melbourne Cup) et bien sûr en Europe. Sa collaboration avec l’écurie Coolmore et l’entraîneur Aidan O’Brien en fait une machine à gagner.

  • Atouts : Une position aérodynamique parfaite, une absence totale de nervosité et une lecture de la piste qui lui permet de trouver des passages là où d’autres voient des murs de chevaux.
  • Discrétion : Peu loquace dans les médias, il préfère laisser ses résultats parler pour lui. Il a été sacré plusieurs fois Meilleur Jockey du Monde (World’s Best Jockey) par la Fédération Internationale des Autorités Hippiques (IFHA).

4. La Scène Française : Entre records et talent pur

La France est l’une des terres les plus compétitives au monde. Deux noms se détachent particulièrement dans la période contemporaine.

Christophe Soumillon : Le recordman

Christophe Soumillon

Le Belge Christophe Soumillon est un phénomène de la nature. Il a battu le record historique de victoires en une année en Europe et a surpassé le total de victoires d’Yves Saint-Martin en France.

  • Tempérament : Un gagneur né, parfois controversé, mais doté d’un équilibre et d’une force de bras phénoménaux. Ses victoires avec Zarkava ou Dalakhani sont gravées dans les mémoires.
  • Palmarès : 10 Cravaches d’Or et des succès majeurs sur tous les continents (Dubai World Cup, Japan Cup).

Maxime Guyon et Mickaël Barzalona

Derrière les records de Soumillon, la régularité de Maxime Guyon (plusieurs fois Cravache d’Or) et le génie tactique de Mickaël Barzalona (premier jockey pour Godolphin en France) maintiennent le galop français à un niveau d’excellence. Guyon est l’exemple même de la constance, capable de monter 800 courses par an avec la même intensité.


5. Les critères techniques : Qu’est-ce qu’un « crack » jockey ?

Pour comprendre pourquoi ces hommes sont les meilleurs, il faut analyser les spécificités de leur métier.

L’équilibre et la posture

La posture « en suspension » demande une force abdominale et dorsale colossale. Le jockey doit être en totale osmose avec le mouvement du cheval pour ne pas gêner sa foulée. Une fraction de seconde de déséquilibre peut coûter une longueur à l’arrivée.

La gestion de l’effort (Le « Pace »)

C’est ici que l’expérience fait la différence. Dans une course de 2 400 mètres (comme l’Arc), partir trop vite condamne le cheval à l’asphyxie dans les 200 derniers mètres. Le grand jockey « écoute » les poumons de sa monture et sait quand solliciter son accélération.

Le sens tactique

Le peloton est un organisme vivant. Il faut savoir s’enfermer pour se protéger du vent, mais savoir se dégager au bon moment. Les meilleurs jockeys anticipent les mouvements de leurs collègues deux ou trois temps à l’avance.


Ce frisson à Longchamp

Je me souviens d’un dimanche d’octobre pluvieux sur l’hippodrome de Longchamp. La foule était dense, l’air chargé d’humidité et d’électricité. C’était l’année où Enable tentait un doublé historique dans l’Arc.

À l’entrée de la ligne droite, elle semblait enfermée, entourée d’un mur de chevaux. Le silence s’est fait dans les tribunes. Et là, j’ai vu le génie de Frankie Dettori. Au lieu de paniquer et de forcer un passage, il a attendu une micro-ouverture, un décalage d’une épaule de l’adversaire de gauche. En trois foulées, il a propulsé sa pouliche dans ce trou de souris. L’explosion de joie qui a suivi n’était pas seulement pour le cheval, mais pour l’audace de l’homme. Ce jour-là, j’ai compris que le meilleur jockey n’est pas celui qui a le meilleur cheval, mais celui qui permet au cheval d’exprimer 110% de son potentiel.


6. L’évolution du métier : Vers une nouvelle ère

Le métier change. Aujourd’hui, les jockeys sont de véritables athlètes suivis par des diététiciens et des préparateurs mentaux.

  • L’arrivée des femmes : Le plafond de verre a volé en éclats. Des cavalières comme Hollie Doyle ou Marie Velon prouvent qu’à poids égal, la technique et le courage n’ont pas de sexe. Marie Velon, avec ses succès au niveau Groupe 1, est devenue une référence incontournable en France.
  • La technologie : Les jockeys analysent désormais leurs courses avec des trackers GPS et des données de fréquence cardiaque pour optimiser chaque parcours.

Conclusion : Qui est le numéro 1 ?

S’il fallait désigner un vainqueur absolu, la réponse serait nuancée.

  • Pour l’histoire et les records : Lester Piggott.
  • Pour le spectacle et le charisme : Frankie Dettori.
  • Pour la précision clinique et l’efficacité actuelle : Ryan Moore.
  • Pour la domination nationale et le talent pur : Christophe Soumillon.

Le meilleur jockey est finalement celui qui, au moment où les portes des stalles s’ouvrent, parvient à ne faire qu’un avec sa monture, transformant une course d’animaux en une œuvre d’art tactique.


FAQ

Quel est le jockey ayant remporté le plus de courses en France ?

Le record est actuellement détenu par Christophe Soumillon, qui a dépassé la barre des 3 315 victoires, battant ainsi le record historique d’Yves Saint-Martin.

Qu’est-ce que la Cravache d’Or ?

La Cravache d’Or est le trophée récompensant le jockey ayant obtenu le plus de victoires au cours d’une année civile dans un pays donné. En France, elle est décernée par France Galop.

Pourquoi les jockeys sont-ils si petits ?

Les chevaux de plat portent des poids très légers (généralement entre 50 et 60 kg, selle comprise). Pour pouvoir monter à ces poids tout en gardant une masse musculaire suffisante pour diriger un cheval de course, les jockeys doivent avoir une morphologie naturellement fine et souvent de petite taille.

Quel est le record de victoires de Frankie Dettori en une seule journée ?

Frankie Dettori a remporté 7 victoires en 7 courses lors de la réunion d’Ascot le 28 septembre 1996. Cet exploit est connu sous le nom de « Magnificent Seven ».

Qui est considéré comme le meilleur jockey de plat actuel ?

Selon les classements de la Fédération Internationale (IFHA), Ryan Moore est régulièrement désigné comme le meilleur jockey au monde grâce à ses victoires répétées dans les plus grandes épreuves internationales sur tous les continents.

Les femmes jockeys peuvent-elles rivaliser avec les hommes ?

Absolument. En plat, il n’y a pas de distinction de catégorie. Les femmes jockeys bénéficient en France d’une décharge (poids moindre à porter) dans certaines courses pour favoriser leur insertion, mais dans les courses de haut niveau (Groupes), elles montent au même poids que les hommes et gagnent régulièrement, à l’image de Marie Velon ou Hollie Doyle.

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